Global revolution II: Le cas du 15M espagnol

Suite au premier article que j’ai écrit sur ce sujet, “#Global révolution: connexions globaux pour enjeux locaux“, je développe ici une continuation de la réflexion qui beaucoup m’intéresse (un petit tour sur ce blog en évidence).

Quand on parle des événements qui ont eu lieu l’année dernier autour d’une supposée « Révolution Globale », on voit des réactions qui varient entre la célébration enthousiaste et la méfiance prudente. D’une manière générale, il est difficile de percevoir les changements apportés par ces manifestations et campements une fois que les commissions de transition dans les pays arabes où des régimes dictatoriaux ont été renversés ne présentent pas des garanties des nouveaux gouvernements démocratiques ; en Espagne la droite a été élue lors des élections présidentielles de novembre dernier, et à Wall Street on ne voit aucun trace d’occupation, tandis que la Bourse fonctionne à plein vapeur.

Sous tel analyse immédiate, il est vrai que rien n’est changé – sinon, pour le pire. Le chercheur russe Evgeny Morozov relativise la puissance de l’Internet dans le livre « Delusion du Net », en faisant polémique face à l’euphorie des manifestations qui ont renversé le gouvernement local en Egypte – en grande partie organisées par twitter et facebook. Il defends que toute théorie établie à partir de l’utilisation des réseaux sociaux doit être « très sensible au contexte local, en tenant compte des relations complexes entre l’Internet et le développement de la politique étrangère en général, qui ne sont pas originaires de ce que cette technologie permet, mais dans ce qu’un environnement donné géopolitique exige »[1].

Ainsi, si on éloigne le regard en termes historiques et de processus, on peut trouver des pistes pour mieux comprendre ce qui est en jeu. En tant qu’acteurs sociaux situés dans le temps et l’espace, il est assez difficile d’analyser les implications sociologiques des événements qui se passent dans nos jours, et desquels nous faisons partie. Même si on en emprunt des théories classiques que proposent des cadres d’analyse pour les phénomènes sociaux, certes aspects contemporains peuvent échapper vu que les contextes sociaux, politiques et technologiques apportent des changements significatifs et, très souvent, imprévus.

Donnant suite à cet effort d’encadrement théorique des phénomènes sociaux contemporains, on trouve dans ces mobilisations certains points communs : la plus part des acteurs engagés n’était pas touché par l’action politique et militant avant. L’intense échange et partage d’informations à travers des réseaux numériques ont été la principale source d’organisation et mobilisation. Et, sauf dans les pays arabes qui protestaient clairement contre les régimes dictatoriaux en vigueur, les drapeaux qui ont rassemblé les différents mouvements sont très larges : « [les politiciens] ne nous représentons pas », « occupez les places » et « nous sommes les 99% [de la population mondiale, tandis que la plus part de la richesse est concentré dans les mains des 1%] ». Apparemment, ces slogans ne présentent pas des demandes concrètes ni proposent des vraies solutions. Mais, plus que donner des réponses cadrés dans un contexte politique mondial assez large, ces mobilisations dénonçaient justement des points clé du système actuel : la démocratie représentative qui empêche que les citoyens aient contrôle sur les décisions gouvernementales pris sous le nom du peuple ; la marchandisation et la répression de la liberté (d’expression et de circulation) dans les espaces publiques ; et le système financière mondial soumis aux lois du marché, en laissant des milliers dans la pauvreté, tout en concentrant le pouvoir économique dans les mains des quelques.

Connectés par un réseau de communication complexe, notamment grâce au développement technologique depuis quelques années, ces citoyens qui n’étaient jamais engagés dans la politique se sont reconnus dans ces répertoires communs. Touchés par une crise financière et politique, surtout en Europe, l’action en masse dans les rues a généré un sentiment collectif d’appartenance à un cause collective. Il s’agit de ce que le philosophe et psychanalyste français Felix Guattari appelle la « micropolitique », ça veut dire, des engagements singularisés sous des narratives partagés, un processus lié au désir amenant à une action collective. Il appelle « révolution moléculaire » « tous les mouvements d’individus, groupes, etc, que questionnent le système dans la dimension de la production de la subjectivité » [2]. Dans ce sens, ils est argumenté par les partisans de tels mouvements que, plus qu’un changement structural au niveau du système, les mobilisations de l’année dernière ont apporté des changements cognitifs à ceux qui y ont fait partie, et que certains parties de la société ne seront plus les mêmes depuis tel engagement, à la fois subjectif, social et politique.

Prenons un exemple concret, celui de l’Espagne et du mouvement appelé « 15M ».

En Février 2011 un règlement restrictif pour le partage et la liberté d’expression sur Internet au nom de la protection de la propriété intellectuelle a été approuvé dans le pays. Appelé par le peuple de « Loi Sinde» (le nom de famille de la ministre de la culture), cet réglementation controversée était dans le cadre de la « Loi de l’économie durable », une série de mesures pour lutter contre la crise dans le pays. L’argumentation de qu’il n’aurait aucun autre moyen de préserver une industrie de la culture a touché les gens ne pas forcément engagés dans la politique mais qui utilisaient l’internet pour partager et se communiquer, et ne voulaient pas voir ses libertés restreintes. La mobilisation « Ne votez pas à eux », qui dénonçait les politiciens et partis qui ont supporté la mesure et le « Manuel de la désobéissance à la Loi Sinde » publié par le collectif Hackativistes renforçaient cette disposition à l’action, sous le sentiment qu’il s’agissait de la défense d’un espace commun à tous.

Ayant aggravé le chômage et la précarité du système, principalement en ce qui concerne le logement et la santé, la crise économique est devenu la motivation pour l’expansion du mouvement. Avec la proximité des élections et l’apparente manque de réponses aux problèmes sociaux de la part du gouvernement de gauche, une manifestation a été appelé pour le 15 mai, notamment inspiré par des événements qui ont eu lieu dans le nord de l’Afrique depuis le début de l’année. Cette manifestation a été convoqué par le groupe « Democracia Real Ya », qui revendiquait un système démocratique plus participatif, fondé sur le pouvoir populaire et la non soumission de l’humain par  le financier. Elle rassemblait ne pas seulement les protestants de la Loi Sinde mais aussi des mouvements pour une réforme politique et électorale, contre les hypothèques, des chômeurs, des écolos, des hackers, et des individus en général qui se reconnaissaient dans ces revendications.

Le 15 mai, 130.000 personnes sont sortis dans les places et les rues de tout le pays, le plus grand rassemblement étant dans la capitale, Madrid. Le soir, quand la police est venu disperser le mouvement, les activistes ont décidé pacifiquement de rester sur place, revendiquant la liberté dans l’espace publique. Il date de ce moment à la Puerta del Sol le premier tweet depuis la compte @AcampadaSol et le premier vidéo diffusé par streaming en temps réel, motivant la formation des campements dans d’autres villes. Les activistes de tout le pays étaient hautement mobilisés et connectés entre eux depuis quelques semaines, ce qui a garanti une « acampada » dans chaque ville du pays. Campés pendant plusieurs semaines, une nouvelle forme d’organisation sociale et proteste politique émergeait, proposant la ré-occupation de l’espace public comme lieu d’interaction et de mobilisation sociale.

Il est bien remarqué par ses participants que le 15M s’agit plutôt d’un sentiment partagé d’action collective que d’un mouvement politique organisé avec des principes et des objectifs concrets. L’écrivain Amador Fernández-Savater envisage le 15M comme « un lieu pour ceux qui ne se sentait pas dans le cadre des mouvement politiques traditionnels ». Selon lui, les interactions qui ont eu lieu lors des campements ont resté dans la société, grâce à l’instauration d’un « climat où les choses qui n’était pas possibles avant deviennent possibles (…) Maintenant il est possible penser autrement la vie, la politique, la relation avec les autres ».

Si on ose appeler tel mouvement d’une « nouvelle classe politique » c’est en tenant compte des nouveaux enjeux de la lutte de classes à l’heure actuelle. Plus spécifiquement, on voit un  rassemblement transversal de différents classes sociales tels que travailleurs libéraux, chômeurs, étudiants, artistes indépendants, étrangers, etc. Encore, il est mis l’accent sur la négation des partis comme la seule forme d’organisation politique et la mise en question de la démocratie représentative, autrement revendiqués par les mouvements sociaux comme droits citoyens. On peut dire que ces différents mobilisations appelés « Indignés », « Ocuppy », « 99% », entre autres, sont une mise à jour de la critique au système capitaliste actuel et ses nouveaux rapport de forces.

Selon Stéphane Hessel, auteur du manifeste « Indignez-vous ! »: « Les raisons de s’indigner peuvent paraître aujourd’hui moins nettes ou le monde trop complexe. Qui commande, qui décide ?. Il n’est pas toujours facile de distinguer entre tous les courants qui nous gouvernent. Nous n’avons plus affaire à une petite élite dont nous comprenons clairement les agissements. C’est un vaste monde, dont nous sentons bien qu’il est interdépendant. ». Il a notamment inspiré le mouvement en faisant un appel : « Quand quelque chose vous indigne comme j’ai été indigné par le nazisme, alors on devient militant, fort et engagé. On rejoint ce courant de l’histoire et le grand courant de l’histoire doit se poursuivre grâce à chacun » [3].

Inspirés dans auteurs tels que Michel de Certeau, Zygmut Bauman, Antonio Negri et  Michael Bawens et aux principes du logiciel libre et du copyleft, ce mouvement crée ses propres répertoires et croit dans une autre logique de production et diffusion de la connaissance. Selon Antonio Lafuente, chercheur du Conseil Supérieur d’Investigation Scientifique du Ministère d’Économie et Compétitivité de l’Espagne, « les blogueurs et hackers sont les nouveaux scientistes et philosophes » de ce qu’il appelle la « Deuxième Illustration ».

Plusieurs publications concernant le 15M ont été produits, la plus part de manière indépendant par ces propres acteurs. Le livre « Les voces del 15M » [4], organisé par Fernández-Savater et sorti en juin 2011, rassemble des témoignages de certains acteurs qui ont participé au 15M par rapport aux principes du mouvement, la dynamique qui a amené aux campements et des projections de ses déroulements. Si ce petit livre de poche est remarquable pour avoir été la première publication de ce genre, encore dans le chaleur des événements, le projet transmédia « 15M.cc » est un registre plus complexe des impressions et formulations par rapport au mouvement. Il s’agit d’un projet collaboratif, d’où ira sortir un livre, un documentaire et un site web, tous publiés sous une licence Creative Commons BY-SA pour promouvoir sa plus large diffusion et appropriation. Le site a déjà publié une vingtaine d’entretiens avec des journalistes, activistes, et penseurs sur le 15M, sa signification pour le peuple espagnol, et son rapport le peer-to-peer, le commons, l’action collectif et le numérique. En ligne on trouve également toute la méthodologie de ce travail et il est ouvert à la participation des internautes et partisans du mouvement les possibilités de suggérer des textes, aider aux traductions, à la systématisation des informations, proposer des morceaux des entretiens qui leur semble plus intéressant, entre autres.

Rappelons que un des points de départ du mouvement a été la refuse à la Loi Sinde, restrictive au partage dans internet en nom de la protection du droit d’auteur. Dans ce sens, le fort accent mis sur la relativisation de la nature de la paternité et la libre circulation des contenus a été un des points clés du 15M. Il en a ceux qui l’appellent même une « Révolution copyleft » comme le cinéaste et activiste Stéphane Grueso – réalisateur de la première ouvrage audiovisuelle en Creative Commons produit par une télévision publique espagnole. Un des exemples les plus emblématiques de cet effort de partage des connaissances est le site Bookcamping, crée pendant le campement. Il s’agit d’une bibliothèque virtuelle collaborative sous le propos de « comprendre comment nous y avons arrivé et comment y donner suite ». Les ouvrages disponibles au téléchargement, ne pas forcément libérés par ses auteurs, sont séparés par des thèmes tels que « Antécédents », « Manuels d’action micropolitique », et « Science au delà de la réalité », entre autres. Le site permet aussi la mise à disposition des nouveaux titres par les utilisateurs, sous le slogan « Et vous, quel livre amèneriez-vous à votre campement ? »

Le lien entre la collaboration et le numérique a été un des points fondamentaux du mouvement qui a occupé les rues du pays. Dans “Les voces del 15M” la journaliste indépendante Alba Muñoz témoigne que « la façon dont nous nous comportions dans les places était précisément la même de celle des réseaux: un mouvement distribuée, transversal, où personne et au même temps tout le monde dit les règles, et où le travail numérique était essentiel pour atteindre un objectif commun. On revendiquait l’anonymat tandis que nous expérimentions une participation réelle et libre dans quelque chose de collectif ».

Cette constante interaction entre les réseaux numériques et les places et rues est un des aspects les plus remarquables du 15M. Des classiques de la média alternatif comme le Global Voices et l’Indymedia, importantes depuis le début de la décade dans le partage et la diffusion des informations alternatives à la couverture des faits par les médias de masse, ont été présents, notamment dans le « Printemps arabe ». Au delà, le 15M a développé ses propres outils de communication (et s’est approprié d’autres), ce qui a joué un rôle majeur dans la consolidation du mouvement. Le site Tomalaplaza.net, par exemple, a été l’outil principal de communication internet et externe entre toutes les campements en Espagne. Crée avec des logiciels libres et hébergé chez WordPress (un outil de blog open source et interopérable), le site a inspiré le Takethesquare.net, qui a rassemblé le mouvement dans d’autres pays, notamment celui de Wall Street. À son tour, le Tomalosbarrios.net est l’outil d’intégration entre les commissions des quartiers, les « assembleas de barrio ». Ces dernières sont assez traditionnelles dans certains villes du pays et ont joué un rôle important dans la médiation entre les réseaux et les rues.

Les outils wikis, des pages modifiables par les visiteurs afin de permettre l’écriture collaborative des documents numériques, ont également joué un rôle majeur dans le partage d’informations et le sentiment d’appartenance à la cause. La page Propongo, hebergé chez Tomalaplaza.net, par exemple, rassemblait des discussions et propositions qui ont eu lieu dans les assemblés, tout en permettant des modifications et commentaires. En autre, il a même été crée un « WikiParti », fondé sur les principes du développement durable et l’intelligence collective, et « élaboré à partir des propositions des citoyens sous une structure flexible, critique et transparente ».

Une des luttes les plus importantes pour le 15M, l’arrêt des expulsions à cause des dettes d’hypothèque, a aussi été privilégié par des actions wikis : Le site Stop Deshaucios, développé par le collective Hacktivista, proposait une carte où il était possible de voir l’état des expulsions, créer des alertes et savoir quels expulsions ont été programmés par jour. Ainsi, à chaque action de la police pour évincer des familles à cause de dettes bancaires, des dizaines des citoyens s’y rendrait sur place pour en protester, tout en se communiquant à travers de la hashtag #stopdeshaucios. Cela a empêché des milliers d’expulsions en 2011, et ils ont encore réussi à faire une liste des logements vides appartenant aux banques pour en héberger les familles.

En ce que concerne les réseaux sociaux, les menaces que l’exposition publique des articulations politiques peuvent apporter ont été évidents depuis l’expérience arabe. Ainsi, si le 15M a beaucoup utilisé le Twitter et Facebook pour la communication externe, des outils alternatifs et indépendants ont également été appropriés, à des fins d’organisation interne. Crée en 2009, le réseau n-1.cc permet la création des blogs, forums, groupes et listes de discussion sous différents niveaux de confidentialité. Sur sa page web, il est expliqué : « Les services commerciaux de la web 2.0 (Facebook, Twitter, Blogger et ses amis) n’offrent pas suffisamment de confidentialité, fiabilité, flexibilité et contrôle de nos données. En outre, quand on les utilise on renforce des modèles d’affaires  lesquels valeurs nous ne partageons pas. (…) N-1 vient du désir de surmonter le modèle 2.0 ”liberticide” et commercial des outils qui facilitent la création des liens sociaux entre les collectifs communs. Outils utiles, utilisables et accessibles pour faciliter le partage de nos ressources, ainsi que la production et la diffusion des contenus antagonistes ».

Des possibilités autour du numérique pour la démocratie ont aussi été mises à l’épreuve: A fin de « d’inviter à la réflexion et de tester le (cyber)espace publique comme un outil de consensus», il a été développé un système de vote aux sujets discutés dans les assemblés à travers du twitter, le « Tweetometro ». Ses développeurs expliquent que « de l’abondance des ressources des réseaux on reviendrait aux places, d’abord, à la simplicité de l’agora. A partir de ce jour, le campement augmentait à un rythme effréné, en divisant les assemblées dans des commissions à la mesure où des questions importantes étaient élevés, a fin de mieux discuter des propositions avant les voter en assemblée. Ainsi, cette complexité croissante a également généré une plus grande diversification dans la distribution de l’information généré, à la fois en ligne et sur la place ».

L’utilisation de smartphones ont également été fondamentales dans ce qu’ils appellent les « Révolutions 2.0 ». D’un côté, le partage d’informations sur les réseaux, notamment des registres en photo et vidéo des abuses des autorités ont été potentialisés avec ces gadgets de poche. D’autre coté,  des mobiles connectés sur internet ont permis étendre le réseau de connexion sans fil (wi fi) dans les campements, permettant ainsi une plus large connexion entre les personnes présents.

La production collective de signes de résistance, notamment des slogans et affiches, ont été encouragés par des sites comme Voces con Futura. Sur leur page il est possible de télécharger des milliers affiches plus ou moins drôles et critiques, en différents tailles (soit pour des stickers, des posters, des flyers, etc) et sous licences libres, et aussi proposer d’autres créations. Le journaliste Bernardo Gutiérrez crois que le partage de narratives collectives sur des faits, objets et lieux peut modifier des rapports humaines et l’espace publique. Dans ce sens, le site No Hay Pan a joué dans la perpétuation des manifestations dans les rues même après le fin des campements à Barcelone. Crée par le collectif Space Vandals, des QR codes propagés dans la Plaça de Catalunya permettent la visualisation des affiches virtuels une fois connecté sur place, à travers d’une application de réalité augmentée. Gutiérrez défie : « Pourra-t-il la mairie de Barcelone effacer les marques du 15M, ses narratives collectives, tout en les remplaçant par des affiches commerciaux sur la Plaça de Catalunya? ».

La coopération étant un des principes les plus réussites du mouvement, le logiciel libre a été présent ne pas seulement dans les outils technologique, mais sa dimension politique a été aussi mise en évidence. Sous cet éthique, entre les campements et les réseaux numériques des acteurs sociaux ont interagi tout en remixant des idées, construisant des solutions et partageant ses méthodes. Selon l’architecte italien Domenico di Siena les réseaux sociaux sont un « nouveau écosystème d’information qui réduisent l’influence des médias traditionnelles et commencent a faire pression sous les administrations locales pour créer des rapports plus directs et horizontaux avec les citoyens ». Sa intégration avec l’espace public peut créer une « structure de gestion urbaine où des groupes de contrôle indépendants vivent autour d’une auto-détermination et liberté, ce qui améliore la cohésion et la qualité de vie des collectifs locales » .

Ce débat s’inspire du mouvement Open Data, qui consiste en mettre à disposition des données de l’administration publique, a fin de permettre les citoyens a analyser, enrichir et diffuser  l’information initiale. Le MediaLab Prado, à Madrid, est l’espace principal où ces débat trouvent continuité depuis le 15M, lors du « Laboratoires des commons». Les « commons » sont des biens et ressources communs à être protégés et gérés comme des ressources naturels, mais aussi des créations sociales abondantes tels que des bibliothèques, espaces publiques, ouvres culturels et recherches scientifiques. Le laboratoire héberge des groupes de travail  qui débattent et planifient des action visant la protection et l’ampliation de ces différents aspects des commons. Plusieurs projets sont en train d’être mis en œuvre, comme par exemple le plan des pistes cyclables dans la ville, le projet 15M.cc et l’ampliation du Bookcamping, entre autres.

Après ces exemples d’actions qui ont née dans la foule des campements en mai et qui ont été menés depuis le 15M, on peut se demander a quoi a servi le mouvement. Manuel Castells croit que « le mouvement n’a pas disparu, mais s’est étendu à travers du tissu social, dans les assemblés des quartier, des actions contre des injustices, l’opposition aux expulsions des familles et l’extension des pratiques économiques alternatives tels que des coopératifs des consommateurs, des banques éthiques, réseaux d’échange et autant d’autres formes de vivre autrement ». Le 15M, qui trouve aujourd’hui 73% d’approbation au sein de la société, reste dans l’esprit des ceux qui y ont participé et des ceux qui ont été touchés par l’espoir d’une autre société possible.

Le point mis en évidence par le 15M est l’aspect subjective, l’imaginaire construit autour de la possibilité de l’action collectif, dans une société convaincu par le stagnation politique et l’individualisme propre de la crise. L’environnement de collaboration, toujours dans l’air, compose les bases pour une autre compréhension du rôle de l’État. La droite qui a été élue dans le pays n’a réçu que 30% des votes, ce qui met en question une législation électorale déséquilibre et une désapprobation évident au gouvernement. Pourtant, des initiatives locales, amplifiées grâce aux relations affectives qui ont été établies depuis mai et à travers des réseaux numériques, sont l’épreuve qui le 15M reste dans l’imaginaire politique. Ne pas seulement du peuple espagnole, mais de toute une société qui a suivi de près et de loin les déroulements depuis la Puerta del Sol.

[1] Morozov, Evgeny. Net dellusion : the dark side of Internet freedom. New York : Public Affaires, 2011.

[2] Guattari, Félix et Rolnik, Suely. Micropolitiques. Traduit du portugais par Renaud Barbaras. Paris : Les Empêcheurs de penser en rond, 2007

[3] Hessel, Stéphane. Indignez-vous. Montpelier : Éditions Indigènes, 2010.

[4] Fernandez Savater, Amador [et al.]. Las voces del 15M. Barcelona : Los libros del Lince, 2011.

* Je remercie spécialement Bernardo Gutiérrez pour les réferences et Constance Tabary pour la révision

Voici l’article téléchargeable en format odt.

Sobre Aline Satyan

Aline Satyan é formada em Estudos de Mídia pela Universidade Federal Fluminense, mestre em Indústrias Criativas pela Universidade Paris 8 e autora do livro “Produção de Cultura no Brasil: Da Tropicália aos Pontos de Cultura”. Com experiência em políticas culturais e programas de formação para a cultura, trabalhou em diferentes projetos na esfera governamental e universitária. Há alguns anos tem se dedicado a estudar processos de colaboração e atuar como educadora, facilitadora de grupos e consultora de gestão em organizações culturais. Certificou-se em design para sustentabilidade no Programa Gaia Education na ecovila Terra Una (Liberdade, MG) em 2014, Aprofundamento em Dragon Dreaming na Pedra do Sabiá (Itacaré, BA) em 2015 e em Design Permacultural no Instituto Pindorama (Nova Friburgo, RJ) em 2016. É coordenadora do programa Gaia Jovem Serrano, co-fundadora da Cena Tropifágica e da Txai Design de Experiências, e sua principal busca atualmente é por uma vida de consciência, criatividade e em cooperação. Para saber mais: https://www.facebook.com/gaiajovemserrano/ https://www.facebook.com/txaidesigndeexperiencias/ http://www.cenatropifagica.com/

Publicado em 28/03/2012, em Uncategorized. Adicione o link aos favoritos. Deixe um comentário.

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